Tout homme doit savoir soit parler, donner ou travailler pour être utile à lui-même, à sa communauté et à son pays.

Culture – le Zom-bika

Célébration officielle des 30 ans de règne (Zom-bika) du Président de BELWET

 « 30 ans de don de soi et d’engagement avec des personnes de bonnes volontés pour le vivre ensemble et pour la fin de la faim par le changement des mentalités ». C’est sous ce thème qu’a vibré pendant 72 h au palais du Larlé Naaba, la célébration officielle de ses 30 années de règne, couronnée ce dimanche 1er Mars 2020 par le rituel de « Zom-Bika » au cours duquel l’impétrant s’est de nouveau attribué 3 autres pseudonymes conformément à la tradition. C’était dans une ambiance modérée compte tenu du climat sécuritaire du pays.

Avant de revenir à la célébration de cette cérémonie officielle des 30 années de règne du Larlé Naaba Tigré, il est bon de rappeler la tenue d’une conférence de presse le 25 Février 2020 au cours de laquelle face aux hommes et femmes de médias, le futur impétrant a expliqué le sens de la cérémonie qui, selon la tradition Mossi, veut qu’après 30 années de règne, l’intéressé monte sur le « Bika » et cela se traduit en Mooré par : « Zom-Bika ». La conséquence de cet événement est que le compteur de règne est remis à zéro (0).

Cette conférence de presse fut également l’occasion pour le conférencier de définir les grandes lignes devant conduire cet évènement particulier qu’est le Zom-bika. 

Ainsi, c’est conformément à cette feuille de route que s’est déroulée durant les 72heures au palais du Larlé Naaba, cette célébration faste du Zom-bika qui a connu son dénouement ce dimanche 1er Mars 2020.

Il fallait attendre 13 heures pour assister au démarrage des activités par les premières allocutions publiques après que tous les officiels se soient installés sous la présence du premier Ministre.

Pour l’occasion, il faut noter que pour avoir accès au palais où a lieu la cérémonie, il fallait montrer pattes blanches.

Le dispositif également mis en place à l’intérieur du palais pour recevoir les invités était des plus grands jours à en juger par la qualité des assises, les décorations et des mets en quantité et en qualité servis par des professionnels du domaine.

Au démarrage effectif des activités, c’est le « Benda Naaba » de Gounghin qui fut le premier au parloir. A cet effet, celui-ci après avoir salué toute l’assistance, a laissé entendre que la cérémonie du jour est le Zom-bika, qui veut qu’après 30 ans de règne, le cycle recommence comme si l’intéressé venait d’être intronisé.

C’est à l’issue de l’intervention du Benda Naaba, qu’est intervenu le moment tant attendu pour la pratique du rituel consacrant le Zom-bika aux environs de 13h30.

A cet effet, le Larlé Naaba Tigré, revêtu avec un accoutrement spécial, muni d’un bonnet et tenant à sa main droite une lance, se dirigea de pied ferme vers le lieu prévu pour le rituel au son des tam-tams et des cris.

A ce niveau un silence fut demandé au public et le nouveau chef, position débout, répéta le principe du Zom-bika devant les griots qui approuvent par des tapes brèves sur leurs instruments.

Après avoir dit ce qu’est le Zom-bika, le nouveau chef informe publiquement ses nouveaux pseudonymes de règne. Il est à noter qu’après avoir dit un pseudonyme ou une philosophie, la citation est relayée par un porte-parole qui intime en même temps au public de pousser des cris en guise d’approbation.

C’est ainsi que l’on apprendra les 3 philosophies qui vont caractériser le nouveau règne du Larlé Naaba Tigré à savoir :

  1. S’il est difficile d’enfouir le karité pendant 3 jours et attendre qu’il murisse, 3 jours sans karité aussi va arriver ;
  2.  Dans la vie il faut savoir soit parler, donner ou travailler pour être utile à soi-même, à votre famille et à votre communauté ;
  3. Il y a 3 sortes d’hommes : ceux qui portent simplement le nom d’homme et qui ne peuvent ni gâter ni arranger, il y a ensuite l’homme à femme dont la situation s’améliore quotidiennement mais qui ne laisse rien entendre de lui. Enfin il y a l’homme des hommes qui annonce ses projets et qui arrive à les réaliser.

Ce dernier est appelé « Roap raoua » et le Larlé Naaba Tigré se l’ai désormais approprié sous des sons de tam-tams et des cris.

Ci-dessus le nouveau chef lors de sa prestation de serment devant les griots.

A la suite de cela, les tam-tams reprennent de plus belle et une collecte d’argent est ouverte pour les griots. Le nouveau chef est raccompagner à un autre lieu où, s’étant assis, on lui fait boire une calebasse de dolo et du « Zom-kom ».

Ci-dessus la phase du Zom-bika consistant à donner à boire au nouveau chef

Ce sont ces 2 étapes fondamentales qui matérialisent les 30 ans de règne ou Zom-bika dans la chefferie traditionnelle Mossi et qui remet à zéro (0) le compteur de règne.

A l’issue de cette étape essentielle, le nouveau chef troque son accoutrement spécial contre un autre au choix. C’est après s’être changé que le Larlé Naaba Tigré a rejoint la tribune officielle pour la suite de la cérémonie.

C’est à cet effet que le présentateur de la cérémonie prit la parole. Il a d’abord ouvert un aperçu sur le Larlé Naaba Ambga qui a accédé au trône à 21 ans et ayant disparu en 1982, grand père du Larlé Naaba Tigré.

A l’issue de cette information historique, l’orateur a décliné le déroulement de la cérémonie sur plusieurs phases qui débutera d’abord par les différentes allocutions, suivi de la proclamation et remise des prix aux lauréats de la chanson moderne et traditionnelle.

La seconde phase sera consacrée à la remise des dons aux personnes déplacées du fait du terrorisme et aux personnes vivant avec un handicap.

Quant à la troisième phase, elle sera consacrée à l’allocution des invités d’honneurs.

Lors de la quatrième et dernière phase, un déjeuner sera offert accompagné par de la prestation d’artistes musicien moderne et traditionnel.

Au titre des allocutions, c’est le doyen de la famille du Larlé Naaba Tigré qui fut le premier à prendre la parole. A cet effet et dans la langue Mooré, celui-ci a laissé entendre que ce jour est un jour de joie parce que cela fait maintenant 30 ans que le Larlé Naaba Tigré est sur le trône du Larlé. Il a enfin recommandé tous les participants de faire preuve de modération et souhaité bonne suite avant de céder la parole.

Le doyen de la famille, M. TIENDREBEOGO pendant son allocution.

A sa suite, ce fut l’artiste de talent Dez Altino qui est monté sur le podium pour détendre l’atmosphère avant la prise de parole du Larlé Naaba.

Prenant la parole, celui-ci a d’abord salué le premier ministre, le Président de l’assemblée nationale, les présidents d’institution, membres du gouvernement, les chefs de missions diplomatique et consulaires, les représentants des organisations internationales et interafricaines, les partenaires techniques et financiers, honorables invités à l’assemblée nationale, le président du conseil régional du centre, le haut-commissaire de la province du Kadiogo, le maire de la commune de Ouagadougou, les directeurs de cabinet et d’institutions ministérielles, les secrétaires généraux d’institution, autorités coutumières, religieuses, les directeurs généraux et centraux, les maires des arrondissements et communes, les distingués invités.

Après avoir salué toutes les présences, S.E le Larlé Naaba Tigré laisse entendre que comme le veut la tradition Mossi, après 30 années de règne, il faut célébrer le Zom-bika et c’est ce qui l’a conduit à organiser une conférence de presse avant l’évènement pour donner l’information sur la tenue du rituel.

Par la suite, l’orateur avance qu’étant donné que le pays traverse une situation sécuritaire difficile, la cérémonie sera sobre pour être en communion avec les Forces de Défenses et de Sécurité (FDS).

Revenant à l’objet du jour, l’orateur laisse entendre que concernant ce rituel traditionnel, le chef qui le programme est tenu de le réaliser même s’il venait à décéder et dans de tel cas, le rituel s’appelle « Rabooh-râm » sinon, c’est le « Basga ». C’est l’occasion pour l’orateur de remercier Dieu et les mannes des ancêtres pour lui avoir donné la force et la santé pour célébrer cet évènement. Ses remerciements vont également à l’endroit du Mogho Naaba qui lui a permis depuis le 26 Février 1990 d’être sur le trône de la province de Larlé.

Il remercie aussi le Président du Faso à qui il souhaite santé et courage pour mener à bien la destinée du pays. Il a ensuite remercié le premier ministre, le président de l’assemblée nationale ainsi que toutes les sensibilités présentes.

Au titre des invités spéciaux, le Larlé Naaba Tigré a tenu à remercier le groupe Japonais composé de Nagoya, Heroshi et Lota venu spécialement pour la circonstance, le Français Raoul, le Pr Sénégalais Moussa DAFF, l’autrichien ingénieur du bio-diesel Gerard NAWHER, les Co-parrains BARRO Djenguenaba et le chef peuhl de Barcoundouba ainsi que le malien M’baye Mohamed.

Revenant sur le Zom-bika, le Larlé Naaba Tigré a fait un bref aperçu sur ce rituel traditionnel qui date des années 1666 dont le Naaba Zombré en ait le fondateur. Le Naaba Zombré, après 30 années de règne, abdiqua pour se retirer durant 3 ans à Bigtogo dans la commune de Pabré. Pendant ce temps, le prince héritier son fils Naaba Warga régnait à sa place. C’est ainsi que son père revint, réoccupa le trône et régna encore longtemps.

Selon toujours l’orateur, c’est à partir de ce moment qu’il a été décidé dans le royaume Mossi que le prince héritier du trône du Mogho Naaba doit d’abord séjourner à « Guiba » où il sera initié avant d’être investi sur le trône à Ouagadougou.

C’est l’occasion pour l’orateur à l’issue de ce bref aperçu historique de remercier toute l’assistance d’être des témoins historiques de ce cérémonial. Cérémonial au cours duquel l’orateur dit qu’il devait à nouveau s’attribuer 3 pseudonymes ou philosophies pour la nouvelle page de règne qui s’ouvre.

A cet effet celui-ci a rappelé lesdites philosophies en ces termes :

  1. S’il est difficile d’enfouir le karité pendant 3 jours et attendre qu’il murisse, 3 jours sans karité aussi va arriver ;
  2.  Dans la vie il faut savoir soit parler, donner ou travailler pour être utile à vous-même, à votre famille et à votre communauté ;
  3. Il y a 3 sortes d’hommes : ceux qui portent simplement le nom d’homme et qui ne peuvent ni gâter ni arranger, il y a ensuite l’homme à femme dont la situation s’améliore quotidiennement mais qui ne laisse rien entendre. Enfin il y a l’homme des hommes qui annonce ses projets et qui arrive à les réaliser.

C’est donc parmi ces 3 philosophies qu’est issu son pseudonyme de règne dit l’homme des hommes « Roap raoua Tigré», ce qui a valu des ovations.

C’est sur ces mots que l’orateur avance que son programme à venir sera de travailler pour être utile à son pays, à la tradition-modernité, à la religion, aux hommes et aux femmes.

Pour clore ses propos, S.E le Larler Naaba Tigré alias Roap raoua dit avoir un appel à lancer et cela concerne le changement de mentalité. Il exhorte un changement de mentalité à tous les niveaux pour être dans un esprit de partage.

C’est sur cette lancée que l’on apprendra de l’orateur qu’un manifeste est en cours d’élaboration pour la création d’une école de la tradition. Cette école selon l’orateur ne constitue pas un retour à la tradition mais plutôt un recours à la tradition.

C’est sur ces mots que le nouveau réinvestit quitta le parloir.

S.E le Larlé Naaba Tigré alias Roap raoua pendant son allocution.

Après l’intervention du Larlé Naaba, le public a eu droit à une prestation musicale particulière assurée par les FDS.

Le spécialiste en linguistique Sénégalais, le Professeur Moussa DAFF est ensuite monté au parloir. A cet effet, celui-ci après avoir salué les autorités présentes ainsi que toute l’assistance, a laissé entendre qu’il ne saurait exprimer l’émotion que ce jour bénit représente pour lui et qui constitue un honneur pour le Sénégal et pour l’Afrique.

C’est ainsi qu’il poursuit en disant qu’on ne saurait rendre hommage au Larlé Naaba Tigré pour ses 30 années et glorieux règne tant les qualités de l’homme sont nombreuses.

Dans sa lancée, il qualifie le Larlé Naaba de multidimensionnel à travers ses talents chevronnés sur le plan politique, ses innovations en agriculture, l’entreprenariat social au service des plus démunis dont il en est promoteur.

En substance, l’intervention du Professeur Moussa DAFF s’est déclinée sur les qualités multidimensionnelles du Larlé Naaba Tigré.

Le spécialiste en linguistique Sénégalais, le Pr Moussa DAFF pendant son allocution

A l’issue de la déclaration du Pr Moussa DAFF, ce fut l’étape d’allocution des Co-parrains. A cet effet, le chef Peuhl de Barkoundouba fut le premier et a laissée entendre brièvement qu’il ne tient pas à livrer un discours, mais tient à dire simplement merci, merci et souhaiter encore au Larlé Naaba d’autres Zom-bika.

C’est sur ces mots que le chef peuhl de Barjoundouba a quitté le parloir.

Le chef Peuhl de Barkoundouba pendant son allocution

C’est l’occasion de signaler la présence remarquée de la communauté peuhle à travers une exposition et de la prestation musicale.

Le second Co-parrain de cette cérémonie, en la personne d’El Hadj BARRO Djenguenaba représenté par son fils, après avoir présenté ses hommages aux autorités et à toute l’assistance, est revenu sur le sujet du jour en évoquant le thème qu’il qualifie d’évocateur en lien direct avec le Larlé Laaba Tigré. C’est ainsi que l’orateur fera savoir que la rencontre entre le Larlé Naaba Tigré et son père El Hadj BARRO Djenguenaba date depuis 1992 et que depuis cette rencontre, le Larlé Naaba a été adopté par lui comme fils tellement il y avait des similitudes entres eux.

La suite de la déclaration du représentant du Co-parrain a consisté à exposer et à saluer les efforts sur le plan humanitaire, politique, agricole et social du Larlé Naaba.

C’est l’occasion pour lui de laisser entendre à l’endroit du Larlé Naaba qu’en venant pour la cérémonie, il est également porteur de message des jeunes et des femmes de Bobo-Dioulasso que lui transmettent leurs remerciements et toujours leurs espoirs.

Revenant aux 30 années de règne, le représentant se dit honorer d’avoir été choisi pour Co-parrainer cet évènement majeur et avance qu’en ce moment même, le Larlé Naaba Ambga et le Larlé Naaba Belem Wendé doivent être content de leur valeureux fils.

Il remercie enfin le Mogho Naaba avant de citer l’adage qui dit que : « derrière un grand homme se cache une grande femme ». C’est l’occasion de saluer ainsi l’épouse du Larlé Naaba pour son caractère.

C’est ainsi que le représentant du Co-parrain quitta le parloir.

Le représentant du Co-parrain M. Ousmane BARRO pendant son allocution

Une pause musicale assurée par l’artiste de talent Sana BOB est intervenue après l’allocution du représentant du second parrain.

A l’issue de cette étape, celle consacrant la remise des prix aux lauréats de la musique traditionnelle et moderne est intervenue.

L’étape de la remise de vivres est intervenue après la remise des prix aux lauréats de la chanson moderne et traditionnelle. Cette remise de vivres a concerné les arrondissements 3, 8, 9 de Ouagadougou et la commune rurale de Kienfangué ainsi que les personnes vivants avec un handicap. Au total 10 tonnes de vivres ont été distribuées.

La dernière étape de cet évènement majeur était consacrée au point de presse. A cet effet, le Président de l’assemblée nationale, face à la question du jour dira qu’en tant que parlementaire de ce pays, il sait ce que le Larlé Naaba a fait pour les populations. Il poursuit en disant qu’aujourd’hui ils ne font qu’aller vers les sentiers qu’il a tracé, c’est-à-dire aller vers les plus démunis, vers les veuves et les orphelins. C’est pour cela qu’il ne peut que le féliciter pour ce qu’il a abattu comme travail car 30 ans, c’est pas 30 jours.

Le Président de l’assemblée nationale, Bala SAKANDE lors du point de presse

Le second interviewé fut l’opérateur économique en la personne de M. Lassiné DIAWARA. A cet effet et à la question de ce qu’il retient du Larlé Naaba, dira que sur le plan personnel, l’homme se caractérise par une loyauté et une fidélité en amitié. Concernant son règne traditionnel, l’homme se définit selon l’interviewé par un engagement social et économique. Sur le plan politique, l’homme a été un acteur essentiel de l’animation politique et économique ces 30 dernières années. C’est un homme qui a eu la clairvoyance d’utiliser le pouvoir traditionnel comme un levier pour pouvoir rassembler, motiver, amener les gens vers un objectif bien précis.

Poursuivant, l’interviewé avance que sur le plan agricole, le Larlé Naaba a montré l’exemple du travail en s’y mettant lui-même. Aussi sur le plan de la transformation industrielle où il a réalisé d’importantes choses, à cela s’ajoute sa générosité, et son ingéniosité.

A la question des attentes sur l’homme, l’interviewé avance qu’il espère pour les jours à venir, plus d’indépendance pour l’homme avec des ressources pour qu’il soit un exemple pour la jeunesse.

L’opérateur économique M. Lassiné DIAWARA lors du point de presse

La dernière personnalité à être interviewé fut le nouvel homme fort. A cet effet il remercie tout d’abord Dieu, les mannes des ancêtres, l’empereur de Mossé ainsi que tous ceux qui ont concouru à la réussite de cet évènement.

Durant 30 ans à titre personnel et aussi avec des amis, poursuit-il, il a œuvré pour la femme, l’enfant, les veuves, l’orphelin, le paysan, le commerçant, l’éleveur, etc.

Il prône pour un changement de mentalité et exhorte de travailler à avoir un recours des valeurs fondatrices des pères fondateurs de leurs sociétés, de sorte à préserver l’hospitalité, le respect de l’ainé, de la femme, de l’enfant afin que le futur soit meilleur pour eux.

C’est dans cette lancée que le nouveau intronisé dit que le laxisme n’est pas Burkinabé mais plutôt travailleur est Burkinabé.

Pour clore, le Larlé Naaba Tigré prône pour la création de l’école de la tradition afin que les jeunes générations ne perdent pas le Nord.

Le nouveau réinvestit, S.E le Larlé Naaba Tigré lors du point de presse

 Il était 17h30 ce dimanche 1er Mars au palais du Larlé Naaba quand prenait fin la cérémonie officielle des 72 heures de célébration des 30 années de règne du Président de BELWET, S.E le Larlé Naaba Tigré qu’il convient désormais d’appeler « Roap raoua Tigré ».

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