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Coopération Japon – Burkina

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COOPÉRATION JAPON – BURKINA

Partage d’expérience Japonais – Burkinabé autour de la filière fraise

 

Le Japon est un archipel situé en Asie Orientale. En 2008, sa population a été estimée à 127 millions d’habitants. C’est grâce à la collaboration avec ce pays que BELWET a bénéficié de la construction en 2016 d’un centre de formation agro-pastoral dans la commune rurale de Dapelgo. C’est justement dans ce centre qu’a eu lieu le mardi 2 Octobre 2018, un partage d’expériences entre producteurs et productrices de fraise du Burkina et ceux du Japon.

Débuté aux environs de 11h sous le thème : « Possibilité d’introduction d’un système d’ensemencement et de culture de la fraise, style japonais au Burkina Faso » en présence du Représentant résidant et de son Adjoint de l’Agence Internationale de la Coopération Japonaise au Burkina (JICA), de la Direction Générale de la Promotion de l’Economie Rurale (DGPER), du ministère de l’agriculture, des affaires étrangères et de S.E le Larlé Naaba Tigré, ce panel a consisté en une présentation des techniques de culture de la fraise au Japon.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, S.E le Larlé Naaba Tigré a souhaité la bienvenue à nos amis Japonais qui d’ailleurs sont des hommes de parole car selon le Larlé Naaba Tigré, ces mêmes Japonais étaient là en Août et avaient promis de revenir en Octobre et voilà effectivement qu’ils sont là.

Ils prouvent de ce fait, selon toujours le Larlé Naaba, qu’ils sont de vrais « Samouraïs » et invite du même coup les Burkinabé à être des Samouraïs et à ne pas faire les choses dans l’à peu près.

Il fait une genèse de la culture de la fraise au Burkina en disant que cette culture existe déjà depuis une quarantaine d’année, mais cela n’empêche pas nos frères et sœurs producteurs de fraise de toujours se perfectionner surtout avec des spécialistes étrangers qui offrent une opportunité d’apprendre et de faire des affaires. Faire des affaires mais aussi de s’alimenter car la fraise contient de multiple vertus qui font du bien à l’organisme.

Il souhaite d’abord que la fraise soit cultivée, transformée et consommée au Burkina avant d’être exportée. Avant de passer la parole, il dit que le centre qui accueille ce panel aujourd’hui à déjà formé 132 producteurs du Burkina à la fabrication de l’engrais bio et que ce jour, 50 producteurs et productrices de fraise sont présents pour des échanges et invite les participants à écouter attentivement ce qui sera dit.

Il est à noter que tout au long de la rencontre, les langues ont été traduites en français, Mooré, Japonais et Anglais.

Le Représentant Résidant de la JICA a ensuite pris la parole. Dans un accent japonais du français, il a laissé entendre que ce panel constitue la 2ème étude prospective qui consiste à identifier les opportunités et les défis de la filière fraise.

Il a assuré que la fraise du Burkina a été identifiée comme produit de haute qualité et que l’Etat japonais accorde une attention prioritaire au pays des hommes intègres et a la ferme volonté de renforcer la filière fraise pour le développement agricole et commercial.

Avant de remercier l’assistance, il souhaite que ces échanges aboutissent à des projets qui permettront de dynamiser l’agriculture au Burkina Faso.

Vient ensuite les propos du Représentant de la DGPER, qui remercie la présence et la mobilisation de tous qui dit-il témoigne de l’intérêt porté à ce panel. Il informe que ce panel dérive d’un processus qui a débuté au mois de Juillet dernier et consiste à la transmission des techniques de culture de fraise tel que fait au Japon et naturellement recevoir les nôtres. Il dit que le processus à terme est de mettre en place un projet qui sera financé par la JICA dans le but d’augmenter la production et la transformation de la fraise.

C’est sur ces mots qu’il souhaite une bonne séance de formation.

L’Institut de Recherche NOMURA (NRI) est un grand bureau qui évolue dans le consulting, son représentant, Takashi ISEKI a succédé au représentant de la DGPER. Il remercie les participants pour leur contribution ici ce matin. Il remercie ensuite la DGPER, le ministère des affaires étrangères et le Larlé Naaba Tigré avant de dire que l’objectif ce matin c’est de donner une formation dans la dynamique de recherche et d’étude dans la filière fraise. La formation sera axée sur le système de repiquage de type de fraise fait au Japon.

Il remercie la présence de tous et invite chacun à donner le meilleur de lui-même.

Avant l’entame de l’exposé proprement dit, le formateur du jour, M. KATO a tenu à offrir à S.E le Larlé Naaba Tigré, un cadeau composé d’une liqueur et des gâteaux à base de fraise comme le démontre l’image ci-dessous.

Sur la base d’un document d’une dizaine de pages, M. KATO dit que son exposé porte sur des produits issus de ses installations et son ambition est de rendre le monde encore plus pittoresque par la fraise.

Avec une expérience de 20 ans dans la fraise, il dit qu’il y a 70 ans passés, le Japon récoltait la fraise durant 1 mois. Les 30 dernières années, la récolte est passée d’un mois à 5-6 mois. Actuellement, le Japon récolte la fraise sur 8 mois. Selon M.KATO, deux techniques sont utilisées au Japon pour la culture de la fraise : le système de pot et celui de la position élevée.

Cependant il dit que le constat qu’il a fait au Burkina est que les techniques utilisées pour la culture de la fraise datent d’il y a 50 ans au Japon et c’est justement pour présenter la technologie moderne de production de la fraise basée sur le système de pot et celui de la position élevée qu’il est là. Il informe en passant qu’avant la floraison, le fraisier nécessite beaucoup plus d’engrais.

Côté tarifaire, il dit que 250g de fraise coûte 2.500 F CFA et que de par le passé, les producteurs de fraise au Japon en vente direct avait une marge bénéficiaire de 10% et qu’avec 10 ans de recherche et d’étude, actuellement la marge bénéficiaire en vente direct des producteur de fraise est de 30% et que la chaine de valeur y est importante.

Il informe que lors de leur précédente visite au Burkina, ils ont prélevé la terre et l’eau pour des analyses qui ont été contrôlées avec succès et que par conséquent, nos sols et nos eaux sont propices à la culture de la fraise.

Il informe aussi que dans ses champs cette année, il a subi une perte de 20%, ce qui l’a emmené à transformer 2 tonnes en produit de transformation, dont un modèle a été offert au Larlé Naaba Tigré comme cadeau. Il dit que cette liqueur offerte est la liqueur la plus vendu au Japon sur internet par les jeunes.

L’exposé de M. KATO a pris fin aux environs de 12h15.

A la fin de l’exposé, S.E le Larlé Naaba Tigré a tenu à remercier encore une fois M. KATO pour ce brillant exposé et a souligné le fait qu’actuellement au Burkina Faso, la récolte de fraise s’étale sur 4 mois contre 8 au Japon. Il dit qu’au regard de ces statistiques, cette formation est la bienvenue en ce sens qu’elle va permettre à nos producteurs de fraise de maîtriser les nouvelles techniques afin d’augmenter leurs revenus.

Pour sa part, il exploite 2 ha de fraise cette année et souhaite être le premier à produire de l’alcool à base de fraise. Avant de terminer, il a souhaité le raffermissement de la coopération Nippon-Burkina.

Image ci-contre, une vue des participants à la session.

A la suite du Larlé Naaba Tigré, un producteur de fraise a été invité à prendre la parole. Celui-ci dit être un producteur de fraise dans la commune de Boulmiougou il y a de cela 17 ans et qu’il ne savait pas qu’un jour, des étrangers allaient venir s’y intéresser. Cependant il était convaincu que la fraise a de l’importance mais ne savait pas comment faire pour produire plus. Tout en demandant de l’aide afin de pouvoir sortir de la précarité, il se dit content.

Un autre intervenant a pris la parole en la personne de M. Maxime SAWADOGO. Avec une expérience d’une vingtaine d’année, il a commencé l’exploitation de la fraise dans les années 97 avec un partenaire français sur une superficie de 5 ha dans le Bazega, localité située à 85 km de Ouagadougou.

Avec les 5 ha, la production a donné 65 tonnes et la demande intérieure étant faible, ils étaient obligés d’exporter une part vers la Côte-d’Ivoire, le Gabon et la France et d’autre part transformer 10 tonnes en confiture avec la collaboration de l’UCOBAM. De son point de vue, le problème au niveau de la filière fraise est le fait que le Burkinabé n’est pas consommateur car dit-il, le Burkinabé considère la fraise comme un produit de luxe en raison de son prix de vente au kilogramme qui est de 3.000 FCFA.

Actuellement exploitant de fraise dans la Ferme Industrielle Burkina Sompagnimdi des Origines (FIBSO) de BELWET, il souhaite avoir des outils de transformation de la fraise afin de pouvoir la conserver durablement.

Après l’intervention du second exploitant de fraise, M. François OUEDRAOGO a posé une question au formateur du jour. Sa question portait sur le processus de transformation de la fraise, le rendement à l’hectare dans son champ au Japon ainsi que le type de production utilisé.

A la réponse, M. KATO dit avec image à l’appui que le processus de transformation passe par 3 étapes que sont le dépeçage, la cuisson et le conditionnement. Concernant son rendement à l’hectare, il est de 40 tonnes et le type de production qu’il utilise est semi-bio, semi-pesticide.

Image ci-contre le Larlé Naaba Tigré (à l’extrême gauche) en train d’arroser son champ de fraise en compagnie des responsables de la ferme après la formation.

La dernière étape de cette journée de formation était consacrée à la presse. A cet effet, M. KATO constate que les participants ont montré leur intérêt à ce panel et qu’au Burkina précisément à Ouaga, l’eau et les terres sont bonnes et qu’on peut produire des fraises de qualité. Il compte très prochainement développer le système de pot, la position élevée et le processus de transformation au profit des producteurs de fraise du Burkina.

Au tour du Larlé Naaba Tigré, il dit avoir beaucoup appris avec les experts Japonais. Il ajoute que le fait de pouvoir passer de 4 à 8 mois de récolte dans la filière fraise va créer des emplois et accroître les richesses dans la maraîcher culture.

Il est convaincu que la filière fraise a de beaux jours devant elle et souhaite que la possibilité de transformation puisse exister afin de pouvoir conserver le produit pendant longtemps. Il avance qu’étant un citoyen qui aime son pays, si la coopération japonaise n’est pas en mesure de fournir le matériel, lui-même se sacrifiera pour l’obtenir.

Il invite les Burkinabé à consommer la fraise malgré son prix car elle fait beaucoup de bien à l’organisme.

Il était 13h30 quand la séance a pris fin et le cap est mis justement dans le champ d’exploitation de fraise des Fermes Industrielles Burkina Sompagnimdi des Orignes de BELWET.

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